(Actualisé avec bilan, suite de la réunion entre le gouvernement et les associations de transports publics)
Quatre personnes ont été tuées dans des manifestations contre la hausse des prix du carburant qui ont éclaté lundi dans plusieurs villes du Kenya, a annoncé le ministre de l'Intérieur du pays, alors qu'une grève nationale paralyse les transports publics.
L'Alliance du secteur des transports a déclaré dimanche que les véhicules affiliés à ses associations membres cesseraient de circuler à partir de minuit pour protester contre la dernière hausse des prix, tandis que la police a indiqué qu'elle interviendrait pour faire face à toute perturbation.
"Nous avons perdu quatre Kenyans dans les violences d'aujourd'hui, qui ont également fait plus de 30 blessés", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Kipchumba Murkomen, lors d'une conférence de presse télévisée.
L'Autorité de régulation de l'énergie et du pétrole du Kenya a augmenté la semaine dernière les prix de détail du carburant jusqu'à 23,5% - après les avoir déjà relevés de 24,2% le mois dernier - alors que le conflit au Moyen-Orient pèse sur l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz.
Lundi matin, les routes menant à la capitale, Nairobi, ont été bloquées par des opérateurs de transport en grève et des groupes épars de manifestants.
La police a tiré des gaz lacrymogènes dans certains quartiers tandis que des manifestants ont incendié des pneus pour bloquer l'accès aux axes routiers principaux, aggravant les embouteillages et laissant de nombreux usagers bloqués.
À Mombasa, la principale ville portuaire du Kenya, la grève a fait craindre des retards dans la chaîne d'approvisionnement.
Une réunion organisée dans la soirée entre les ministres des Transports et de l'Énergie et les exploitants de transports publics n'a pas permis d'avancées.
"Nous demandons instamment au président d'agir car la grève se poursuit. Elle est toujours en cours", a déclaré Albert Karakacha, président de l'association des propriétaires de véhicules de transport public, lors d'une conférence de presse.
Le Kenya importe la quasi-totalité de ses produits pétroliers du Moyen-Orient dans le cadre d’accords intergouvernementaux avec des fournisseurs du Golfe. La hausse des prix du carburant a entraîné une forte augmentation des tarifs de transport et fait grimper le coût des produits de première nécessité, accentuant la pression sur les ménages déjà confrontés à un coût de la vie élevé.
Gabriel Odhiambo, 24 ans, chargé des relations publiques, a déclaré que ses frais de transport avaient doublé et que les prix des denrées alimentaires avaient également augmenté. Quatre tomates coûtent désormais 60 shillings (0,43 euro), soit une multiplication par trois.
Le Kenya a relevé le prix à la pompe de l'essence super à Nairobi de 206,97 shillings kenyans le litre (1,43 euro) à 214,25 shillings kenyans, et celui du diesel de 196,63 shillings à 242,92 shillings pour la période du 15 mai au 14 juin. Le prix du kérosène est resté inchangé à 152,78 shillings.
(Reportage de Humprey Malalo; Rédigé par Vincent Mumo Nzilani; Version française Rihab Latrache, édité par Blandine Hénault)

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